mars 23rd, 2012

CHANTS FUNÈBRES

Epitaphe

Lui mort, il a été par quatre chemins répartir sa fortune.

Dans celui-ci, il a jeté au vent ses illusions et ses rêves.

Dans cet autre il a égaré ses espérances et sa folie.

Dans celui là, il a perdu ceux qui prétendaient à sa suite.

Dans ce dernier il a fini sa course en vous riant au nez.

 

Testament

Pour ceux qui ont pensé que j’avais quelque bien.

Je leur laisse volontiers un bon quart de mes illusions, gardant le solde pour l’emporter avec moi.

Je leur laisse aussi la moitié de mes espérances, l’autre moitié ayant payé ma vie

De même, je leur abandonne ces rêves évanouis qu’ils réveilleront à leur guise,

Quand leur nuit y sera propice.

Pour ceux qui savaient que je n’avais rien,

Je leur lègue mon âme vide, en les priant d’en prendre soin,

À la façon du souvenir que l’on garde des gens qui vous ont aimé.

février 21st, 2012

UNE DERNIÈRE FOIS.

 

Il avait hésité. Les autres s’étaient avancés vers la lumière qui, depuis la  porte ouverte, se projetait sur le sol de l’entrée.

Lui était encore dans l’escalier, à ne pas se presser d’aller dehors. Il regardait le mur et son regard allait d’une marque à l’autre, sur toute la hauteur de la cage (d’escalier). Ici, son père avait étagé tous les souvenirs de sa vie, ces photos qui, lorsque lui était enfant, ne lui disaient rien de plus que ce qu’elles montraient : des paysages insignifiants, des gens qui n’étaient pas de sa famille et des voitures qu’il n’avait jamais vues rouler. Il n’en restait rien, si ce n’est, à la place qu’elles occupaient, suivant la diagonale de la rampe, la trace saugrenue du cadre –  un papier peint presque neuf de même format – alors qu’autour une ombre brune s’était partout posée. Ces spectres diaphanes, que des années de poussière et le goudron des fumées de cigarettes avaient emprisonnés, se sentaient  maintenant des humeurs de discours.

À cet instant, Il se rappela cette image qui, de noir et de gris jaune et sale, avait hanté ses rêves et qu’il refusait de voir, fermant les yeux, quand le soir venu, il devait regagner sa chambre à l’étage. Il avait fini par l’apprivoiser, puis par l’aimer, ce portrait d’aïeuls hébétés par la pose. Et celle-ci, dans son cadre ovale, juste à hauteur d’œil, la moustache gominée du grand-père qu’il connaissait pour de vrai, celle-ci encore, la maison d’été, les promenades, la campagne, et celle-là, la guerre, et son père, tout jeune homme en habit de soldat, celle-là au pied des marches, sa mère, jeune fille au missel, fixée ici depuis sept décennies, la première de la lignée et qui vous incitait saintement à saluer dans la montée tous les autres.

Cette familiarité prise au décor n’existait plus. On avait écorché le mur. Ce n’était plus qu’une dépouille, un dénuement, déjà une autre absence.

Les visiteurs piétinaient à l’attendre. Il jeta un dernier regard sur ces empreintes de jeunesse.

— Allons, n’y pensons plus, dit-il à voix haute.

Il descendit les quelques marches et rejoignit le groupe qui aussitôt alla au dehors. Il se retourna une dernière fois puis, la tête baissée pour ne plus rien voir, il sortit à son tour, tirant la porte derrière lui. Ce n’est qu’au bruit de la clenche qu’il fit demi-tour pour introduire la clé et la tourner par deux fois, comme il le faisait depuis vingt ans.

Un de ceux qui étaient venus était là, juste à son côté. Il tendit vers lui la main à plat, ramenant à trois reprises les quatre doigts sur la paume avec l’air de dire :

— Allez, donne. Cette maison n’est plus la tienne.

Il y déposa la clé à la façon d’un billet secret, d’un message intime, d’une chose précieuse, conservant par-dessus sa propre main quelques secondes, le temps que l’autre referme ses doigts sur le sésame, et ne lui laisse de son passé qu’une mémoire naissante, encore jeune, en devenir de cette dernière fois qui les contenait toutes.

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                                                        Paul STEIGER   21.02.2012

février 9th, 2012

LETTRE À MON OMBRE, QUELQUE PART VIVANTE

As-tu jamais croisé cet enfant plein d’espérance, si jeune qu’il en était fragile, l’ossature mièvre, le muscle absent, la peau blanche, le pas hésitant, le geste mal assuré, et qui pourtant demandait à grandir, à se tenir droit, à se mesurer, à se risquer ?

As-tu jamais croisé ce garçon rieur, insouciant,  grimpant aux arbres interdits, croquant le fruit avec gourmandise, plongeant dans le bassin des sources, courant au travers des campagnes, comptant la nuit les étoiles, libre d’aller où bon lui semblait ?

As-tu jamais croisé cet adolescent brûlant, la fièvre au cœur, froid sur la peau, solitaire pour ne pas inquiéter, rêvant son monde, s’aventurant, funambule, au dessus de ses impossibles abîmes, jusqu’à parfois s’y perdre dans des brouillards artificiels ?

As-tu jamais croisé ce jeune homme triste, pleurant un père, cherchant aux cieux l’astre salutaire, trouvant celui-ci, croyant celui-là, ne sachant plus, revenant au jour, aimant les fleurs et la nature, et s’y laissant prendre, reprenant vie ?

J’ai croisé en toi cette ombre de moi-même, ce que le soleil avait laissé des traces de l’enfance et qui t’éclairait. J’ai cru derrière l’homme dressé, ayant vaincu tous les périls, traversé tous les océans, triomphant de sa suffisance. J’ai voulu retrouver cette ombre, familière, innocente, à chercher la lumière pour mieux s’y fondre, et recommencer. Cette ombre même a disparu.

Vois-tu, l’ombre qui me suit, l’ombre de mon existence me terrifie.

J’ai tout refait de mes voyages et de mes guerres, trop, toujours trop, se battre encore, je n’ai plus l’envie. Vois-tu, j’y laisse enfin ma vie. Je suis au bout de ma quête.

J’ai croisé en toi l’ombre reposante des souvenirs. Je m’y suis abrité. L’abri n’est plus sûr. La mémoire s’enfuit. Je suis nu, à découvert, usé, vieux.

J’ai croisé en toi ce que je voulais être. J’ai croisé en toi ce que tu peux devenir de moi. Humblement, je t’ai apporté la lumière, je te vois heureux de vivre, heureux d’aimer les fleurs. Je te vois lumineux, éblouissant, forçant l’ombre derrière moi, jusqu’au noir, jusqu’à l’obscurité. Je n’ai plus peur.

Il est temps que je parte.

(Extrait de L’HOMME SANS  HISTOIRE © 2012  P.STEIGER)

 

février 7th, 2012

PHILOSOPHIE DE LA CRITIQUE

Philosophie de la critique

 

 

 

Ah, cette histoire du bouvier et de sa bête !

        Elle me l’avait contée avant de faire leur portrait. Et maintenant, voilà qu’elle me montrait ses œuvres, inquiète du regard que j’allais leur porter.

        À dire vrai, ma surprise fut grande. Je m’étonnais d’abord qu’elle utilisât deux toiles, séparant d’autorité ces sujets qui, ensemble lui avaient été chers. N’avait-elle pas été frappée par ce couple, cette plénitude qui les assemblait tous deux dans l’effort, ce regard qu’ils semblaient s’échanger à chaque ordre, comme si des clignements d’yeux avaient marqué leur entente ?

        Un autre détail remarquable de son évocation, quand elle en parlait, était la terre, cette terre partout nécessaire qui les unissait, leur donnait vie, justification, récompense.

        Cette terre là manquait au dessin sur les toiles. Devait-on seulement la voir dans l’absolu de sa couleur, celle qui peignait le bouvier comme sorti du labour, message intime de sa nature, influence tellurique de sa propre histoire ?

Laboureur et bouvier, Maître de la Terre et de la Bête. Il y avait en lui, dans ce portrait précieux, le matois de l’homme, une domination douce, une ruse tendre à ne pas effrayer.

 La moustache était gauloise, de ces moustaches qui construisent les légendes, et de cette Gaule qui le faisait fier. Quant au chapeau sombre qui le coiffait, gardant sous le feutre tous ses mystères, avait-elle eu conscience d’y cacher une part d’humanité ? Les fronts absents ne parlent pas !

Cependant, l’homme me parlait. Je l’entendais.

Une autre histoire, pas celle qu’elle m’avait dite, une toute autre, hors des labours et des fenaisons, loin des sueurs et des cris, loin du soleil et de la pluie, une fin d’histoire, à l’instant de mon regard.

Etait-ce là la raison subliminale de ses deux ouvrages qu’elle avait voulus, où la solitude avait gagné l’homme et maintenu la bête, où cette dernière n’était plus qu’une représentation lourde, grasse, nourricière, définitive d’une force ancienne, aujourd’hui inutile.

Le compagnonnage qui avait séduit n’existait plus. À l’opposé de mille sentiments, dans un ailleurs de même format, la toile montrait mille contentements.

La bête était grasse, charnue, prometteuse d’abondance.

Sur quel, chemin l’avait-elle ainsi croisée, innocente de sa densité sacrificielle, déjà bleuie d’un froid à venir.

Il est des fins d’histoire qui ne se disent pas quand d’autres, paisibles, se racontent encore.

J’avais bien vu qu’elle parlait d’elle, mais là n’était pas la question.

Trois destins se révélaient : Le bouvier, le bœuf et l’artiste.

Quoi que fût leur part de vie, le naturel revenait. Il n’y avait qu’une vérité, celle de l’émotion et de sa transcendance, un non-dit pour tout vous dire.

 

 P.STEIGER

                                                                        Tours, 9 janvier 2012

février 6th, 2012

LE MOLA

Le Mola

De petits spasmes l’avaient repris, en même temps que ses yeux se baignaient  de sel et le piquaient, sans plus que des larmes viennent. Son regard ne quittait plus la veilleuse orange au dessus de la porte, comme si cette lumière étrange et mouillée était l’apparence qu’Elle devait maintenant avoir pour être là, à ses côtés, parce qu’Elle l’avait juré à la mort avant qu’il ne l’emmenât avec lui.

Sur le drap qui couvrait sa poitrine, il avait étendu, en le lissant de ses mains pour y sentir les broderies et les creux, le mola qu’on avait tiré de ses affaires et qu’on avait posé près de lui pendant son coma.

Quand il s’était réveillé, la première sensation qu’il avait ressentie était, sur sa joue, la douce rugosité des fils tenant l’ouvrage. Elle lui était si familière qu’elle l’avait de suite rassuré. Il s’était cependant étonné de ne pas sentir sous le tissu la chaleur moite qu’Elle  dégageait de son corps et qui finissait toujours par l’endormir.

Cette absence, et les douleurs qui, de partout, le torturaient, l’avaient ramené à l’heure présente. Alors qu’un voile se levait de ses yeux déjà ouverts, il avait d’abord distingué petit à petit le plafond lézardé de la chambre au dessus de sa tête. Le vert sale de ses murs, le lit gris à barreaux et la perfusion qui traversait la peau de son bras ne laissaient pas place au doute. Il devait être quelque part dans une de ses infirmeries de brousse comme il en avait tant vues dans sa vie de baroudeur.

Il s’était demandé ce qu’il y faisait, aucun souvenir ne lui étant encore venu qui expliquât comment il avait atterri ici, dans cet état de souffrance, avec un tuyau qui le reliait à ce bocal, suspendu à son côté. Il avait ramené à lui le mola et l’avait palpé entre ses doigts pour s’imprégner d’Elle et tenter de s’assoupir, mais la magie n’avait pas opéré.

Son esprit aussi se réveillait peu à peu, ramenant d’Elle son image, attentive à coudre, le visage concentré, donnant aux formes qu’Elle dessinait la volupté de ses pensées les plus secrètes. Rien d’autre ne transparaissait alors de son œuvre  qu’un labyrinthe où il faisait bon se perdre, car il était Elle et Elle seule.

Elle, la petite lueur orange, de cet orange qui colorait son chemin sur le corsage, entre ces traits noirs traçant sûrement le dédale de sa vie.

Une respiration plus forte le déchira brutalement, malgré les bandes de contention qui enveloppaient ses côtes fracturées. La réalité venait une nouvelle fois de se rappeler à lui. Il s’agrippa désespérément à l’étoffe pour ne pas glisser dans ce gouffre d’horreur dans lequel les infirmiers l’avaient jeté hier, quand ils avaient raconté son accident.

Peu lui importaient ses blessures et qu’il ait failli mourir. Peu lui importait son voilier brisé et coulé par grand fond,  peu lui importait sa chance extrême d’avoir été sauvé. Peu lui importait que Dieu fût grand pour lui, s’il ne l’avait été pour Elle. Elle n’était plus que cette petite lumière au dessus de la porte et ses larmes infinies la noyaient une seconde fois.

Pour ne pas hurler sa peine, il prit  le mola machinalement roulé et le porta à ses lèvres, puis il le mordit de toutes ses forces rassemblées, bâillonnant  sa bouche,  faisant taire sa douleur afin de la garder intacte, incandescente au fond de son cœur. Le goût d’amertume que l’eau de mer avait laissé dans les fibres ajouta à son désespoir. Il s’abandonna et laissa un râle s’échapper de lui.

Confusément, il se mit à penser qu’Elle n’aurait pas aimé le voir ainsi, qu’il était son Dieu et qu’il pouvait tout parce qu’il était fort, plus fort que tous les autres. Elle disait qu’elle croyait en lui et que cela Lui donnait une force pareille à la sienne, qu’Elle le suivrait où qu’il aille maintenant,qu’Elle sentait cette puissance en elle, comme si celle-ci était passée de l’un à l’autre.

Ce souvenir le calma soudainement. Il se convainquit qu’Elle était sa force et qu’il la croirait jusqu’à la mort, puisque tel avait été le pacte qu’ils avaient conclu. Avec le mola, il se couvrit la figure et ferma les yeux. La lueur orange était toujours présente quand il s’endormit.

Joué, 30.10.2011                             Paul STEIGER

février 4th, 2012

UN PETIT BONHEUR

Un petit bonheur quotidien

   Parce que plus rien n’avait de sens et qu’il pleuvait encore, parce que hier avait été pareil et les jours d’avant identiques, parce que rien n’annonçait que cela pût changer, il chercha alentour sur quoi accrocher cette liberté qui lui restait : sourire.

    Le papier sale qui, chaque jour, emballait son pain était la seule chose malléable après la mie presque fraîche qu’il pétrissait en bourgeon de rose, l’avalant ensuite sans scrupule. Cette ronde-bosse éphémère était son échappatoire, sa nature au milieu des pierres, un devenir de fleur, un souvenir déjà, le bonheur.

    Comme toujours, pour rien, une habitude, un modus vivendi,  il avait fragmenté la feuille.

    Tout à coup lui vint l’idée d’un printemps, d’une floraison grasse, chaque jour augmentée. Il assembla les déchirures, tordit, froissa, lissa, lia jusqu’à cette première rose, native d’entre ses doigts, si certaine qu’il en fut heureux tout le jour.

   Ce n’était rien qu’une chose informe, grise d’encre et de pénombre, légère au point qu’il la sentit à peine, mais l’objet, à lui donner forme, l’avait satisfait, le comblait, donnant un sens à l’attente.

   Le papier n’étant pas compté, il décida que chaque jour prochain aurait sa fleur, une espérance de fruit, une continuité de la vie.

    Il cultivera son bonheur ainsi qu’un jardin, puisque rien d’autre n’était possible, sans se faire remarquer, sans se plaindre, avec simplement le souhait que le papier ensachant son pain quotidien ne lui manquât jamais.

     Il dirigea le regard vers ses doigts, sur l’impalpable construction de sa petite joie et, rassuré d’exister encore,  sourit à son ébauche.  

P. STEIGER

février 3rd, 2012

UN TROUBLE

Ce trouble, la première fois…

Il savait qu’elle l’attendait. Il avait quitté la table sans rien dire, était sorti de la pièce, avait descendu sans bruit le grand escalier et l’avait rejointe dans le hall, là où, en arrivant tout à l’heure, il l’avait croisée.

Dans la dernière volée, avant d’atteindre le parterre, il s’était arrêté pour se pencher au dessus de la rampe et l’observer. Elle était toujours là, immobile, montrant son dos, nue jusqu’à la croupe, le regard plongé dans un ailleurs, quelque part vers la fenêtre, ignorant qu’il la regardait. Il contempla la courbe  délicate qui, partant de l’arrondi de l’épaule traçait la ligne suave de son cou, dessinait un petit menton, suggérait la douceur du visage jusqu’à se perdre dans les ondulations de sa chevelure. Sans jamais la quitter des yeux, sur la pointe des pieds pour ne pas rompre le silence, il acheva sa descente et s’avança dans sa direction.

À moins de deux mètres, retenant son souffle, il s’arrêta. De cet endroit, derrière lui, les miroirs du hall renvoyaient sur elle une lumière vivante, de celles que les rayons du soleil déjà rosi par le soir, dardant par l’oculus, réfléchissent,  et qui, bousculée au travers par une ombre, s’anime et semble donner vie à ce qu’elle touche.

S’amusant de ce chatoiement, il repris sa progression sournoise, les bras en l’air pour affoler la lumière, faisant palpiter le moindre vallon, le plus petit creux, les infimes dépressions modelant sa peau, puis se laissant surprendre, après l’avoir contournée,  la découvrant immuable, avec encore ce sourire qui l’avait conquis.

De face, le soleil l’avait dévoilée jusqu’à laisser sentir la tiédeur de son corps, tant les couleurs qu’il  posait dessus, du rose à l’ambre, du bleu à la violine l’impressionnaient de chaleur. 

N’y tenant plus, il osa.

Il posa tendrement sa main sur le genou, y appliquant d’abord la paume, puis les doigts, épousant sa forme douce, laissant un frémissement lui venir. Puis il remonta sur la cuisse, lentement, légèrement, longuement, comme pour mieux en sentir le poli nacré qui l’avait ému. Ce faisant, il croisa son regard et ne le lâcha plus.

Les yeux avec la main emplissaient son âme de pensées indicibles. Le trouble était en lui. Sur le socle, un autre Pygmalion avait laissé le marbre brut, rugueux, et lui douta que cette pierre fût la même ici que là où ses doigts glissaient, si habiles à feindre, sentant la chair frémissante sous la dureté lisse du marbre.

Un bruit de porte, à l’étage, rompit un instant le charme.

Il conserva le recul qu’il venait de prendre et regarda ses mains, désespérement.  

Encore rêver, la contempler et se morfondre, jaloux d’un sculpteur.

                                                      P. STEIGER

                                                       23.01.2012